A l'occasion de la présentation, en ouverture de la section Un Certain Regard, du film collectif Paris je t'aime, une partie de l'équipe du film était réunie pour se prêter au jeu des questions-réponses avec les journalistes lors d'une conférence de presse. Etaient présents : les cinéastes Gurinder Chadha, Sylvain Chomet, Vincenzo Natali et Alexander Payne, les actrices Gena Rowlands, Leïla Bekhti, Margo Martindale, Miranda Richardson et Ludivine Sagnier, les acteurs Paul Putner et Elijah Wood, ainsi que la productrice Claudie Ossard. Extraits choisis :
La productrice Claudie Ossard sur le passage des arrondissements aux quartiers : "Au départ, le film devait aborder les vingt arrondissements parisiens. Si nous avons abandonné cette option pour nous concentrer sur les quartiers de la capitale, c'est pour rendre l'ensemble plus humain, plus identifiable pour le spectateur. Souvent, les gens ne savent pas où se situe le 11e arrondissement, ne savent pas que Pigalle est dans le 9e arondissement... Parler des quartiers nous semblait plus clair."
Claudie Ossard sur le cahier des charges à respecter : "Il n'y a pas vraiment eu de règles à respecter. La base de ce projet, son énergie, était de parler de rencontres amoureuses à Paris en cinq minutes. C'est tout. A partir de là, chaque réalisateur a pu raconter l'histoire qu'il souhaitait."
Gurinder Chadha sur son arrivée sur le projet : "J'ai reçu un mail et j'ai aussitôt dit oui. En dix minutes, j'ai écrit la trame de mon histoire. Je voulais faire un film sur une jeune musulmane, peu m'importait l'arrondissement. Ce qui est intéressant, c'est que j'ai tourné près de la Mosquée de Paris. Peut-être Allah a-t-il joué un rôle dans tout ça ?"
Sylvain Chomet sur son arrivée sur le projet : "J'ai également reçu un mail. J'aurais bien voulu tourner dans le 14e arrondissement, mais au final, j'ai tourné dans le 7e arrondissement, dont personne ne semblait vouloir. C'est vrai que la Tour Eiffel n'est pas facile à cadrer, mais j'ai trouvé ça très intéressant."
Ludivine Sagnier sur son statut de Parisienne : "Pour moi, ce projet a été sans doute différent que pour les autres réalisateurs et comédiens, car je suis moi-même parisienne. J'aime cette ville, j'y vis tous les jours. Quand on m'a contacté pour jouer dans ce film, et que Alfonso Cuaron a demandé à me diriger, j'ai trouvé ça énorme. J'aime l'ambition du projet, l'amour avec lequel Claudie Ossard l'a porté. En tant que Parisienne, j'ai voulu qu'il y ait ce regard étranger sur la capitale, qu'il n'y ait pas le Paris de carte postale avec le Parisien, son béret et sa baguette. Je voulais quelque chose de profond et authentique."
Gena Rowlands sur le format court : "Je pense que le court métrage demande beaucoup de discipline. J'étais très curieuse de me lancer dans ce projet qui, à première vue, semblait irréalisable. Il était important de lier ces histoires courtes pour que cela ne soit pas maladroit."
Claudie Ossard sur l'assemblage des histoires : "C'est simple : l'assemblage des histoires est guidé par les films eux-mêmes. Tout revient au travail des monteurs. Le film est guidé par l'intensité des histoires. Au final, c'est un film uniforme, un vrai film en soi, plein d'amour, de rencontres. Un film tantôt drôle, tantôt triste, avec différentes ambiances."
Alfonso Cuaron sur un Paris amoureux et cinématographique : "Paris est la ville de l'amour. Mais Paris est également une ville très cinématographique. Nous avons tous beaucoup de références cinématographiques en rapport avec Paris. Nous ne pouvons pas éviter d'aller nous balader dans des endroits de cette capitale où ont été tournés des films. Et c'est une vraie source d'inspiration."
Photo : AFP